République et canton du Jura

Audit de la police: appréciation globale satisfaisante mais problèmes dans la gestion des ressources humaines

Date : 07.07.2010 10:26:00

Delémont, le 7 juillet 2010

L'audit de la police jurassienne a été remis au Gouvernement qui en a pris connaissance. Réalisé par l'entreprise TC Team Consult, spécialisée dans les audits de police en Suisse et en Europe, il décerne une note globale satisfaisante à la police jurassienne, mais relève également des problèmes, notamment dans la gestion des ressources humaines (RH). Trois types de problèmes sont mis en évidence: l'interprétation actuelle du métier de policier, les tournus difficiles à vivre et le style de conduite. Plusieurs recommandations sont formulées pour améliorer la situation, en particulier la création d'un Conseil cantonal de prévention et de sécurité, le lancement d'un projet "Police 2015" basé sur des objectifs et stratégies redéfinis et portés par un large consensus, et l'engagement d'un responsable RH au sein de la police.


Le Gouvernement souhaite approfondir les différentes pistes proposées par l'auditeur et prendre les mesures pour opérer le changement nécessaire au sein de la police jurassienne. Un mandat complémentaire sera confié à TC Team Consult pour l'accompagner dans ce processus.

Il s'est entretenu mardi (6 juillet) avec le commandant de la police Henri-Joseph Theubet, qui partage les orientations futures préconisées. Le Gouvernement estime qu'en l'état actuel, il peut poursuivre sa mission, dans la mesure où il s'est engagé à procéder aux changements exigés dans son style de conduite.

S'agissant de l'audit proprement dit et conformément au mandat confié par le Gouvernement, il a porté sur l'organisation générale, les relations entre la base et la hiérarchie, l'adéquation des moyens à la mission, le management, les prestations fournies ainsi que les rémunérations et indemnités en lien avec les tâches.

Un premier volet de l'analyse a été la conduite d'entretiens individuels avec des membres du corps de police ou des ex-membres, policiers mais aussi administratifs. Ainsi, un échantillon représentatif de 72 personnes a été entendu et 16 autres personnes ont fait parvenir leurs remarques au travers d'un questionnaire préparé par l'auditeur.

Sur la base de ces entretiens mais aussi d'autres indicateurs (chiffres ou statistiques, analyse de documents et de pratiques), il a ensuite été procédé à un rating de la police portant sur quatre dimensions: les produits (prestations) de la police et ses relations avec la population et son identité; l'organisation; les ressources humaines (RH) et enfin les finances. Globalement, la police jurassienne obtient des résultats satisfaisants, mais la dimension RH est la plus négative de l'analyse.

Ainsi, environ 60% des personnes font état de problèmes quant à l'interprétation actuelle du métier de policier, à un tournus difficile à vivre et au style de conduite. Ces trois raisons sont citées par les personnes qui se sont exprimées de manière négative comme une source d'insatisfaction, ce qui explique aussi la fréquence des démissions. Le rapport relève notamment une trop grande centralisation de la politique des ressources humaines au niveau du commandant et met l'accent sur la nécessité de recruter un responsable RH et de mettre en place une stratégie incluant recrutement, formation, encadrement, relève, formes flexibles de temps de travail et mobilité. Il est également relevé par un nombre non négligeable de personnes que le commandant s'engage pour son corps de police et soutient ses collaboratrices et collaborateurs en cas de problèmes.

Outre cette recommandation, l'auditeur propose également de lancer un projet "Police jurassienne 2015", basé sur des objectifs et stratégies redéfinis et portés par un large consensus politique. Pour donner les grands axes d'une police de proximité et permettre aux acteurs devant y être impliqués de mieux se connaître et collaborer, il préconise aussi de créer un organe de dialogue et de communication structurée, le Conseil cantonal de prévention et de sécurité, représentatif de la société civile. A l'interne, de nouveaux équilibres doivent être trouvés entre la police de secours, la sécurité de proximité, la sécurité routière, la lutte contre la criminalité et le maintien de l'ordre. Cette démarche appelle à repenser la collaboration entre gendarmerie et police judiciaire. Enfin, il s'agit aussi de réétudier et intensifier les collaborations, notamment avec les polices des villes, les polices cantonales voisines et les autres acteurs nationaux de la sécurité. 

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