République et canton du Jura

Parution de deux nouveaux volumes dans la série des Cahiers d'archéologie jurassienne

Date : 04.06.2014 06:20:00

La Section d'archéologie et paléontologie de l'Office de la culture et le Cercle d'archéologie de la Société Jurassienne d'Emulation publient conjointement deux nouveaux ouvrages consacrés à des découvertes archéologiques réalisées en amont de la construction de l'autoroute A16. Il s'agit du Cahier d'archéologie jurassienne n°24, qui documente des traces d'habitat de l'âge du Bronze sur le site de Delémont-En la Pran, et du Cahier n°34, consacré aux fours à chaux mis au jour sur plusieurs sites archéologiques ajoulots et datés entre la période gallo-romaine et la période moderne.


Cahier d'archéologie jurassienne n°24
Laurence Frei Paroz, Valérie Piuz Loubier et al.
Delémont - En La Pran (Jura, Suisse) 3. Vestiges domestiques du Bronze final

La fouille du site de Delémont - En La Pran, situé à l’emplacement de l’actuel échangeur autoroutier de Delémont ouest, a permis de découvrir les traces de nombreuses  occupations successives comprises entre la fin de l’époque des chasseurs-cueilleurs (env. 5500 av. J.-C.) et le Moyen Age. Face à l’ampleur de la documentation récoltée, l’étude et la publication de ce gisement a été scindée en quatre volumes qui retracent l’évolution de ces occupations.

Le troisième tome (CAJ 24) a permis aux nombreux spécialistes impliqués dans ce projet interdisciplinaire de dresser l’image de ce que devait être un petit hameau d’agriculteurs et d’éleveurs de la fin de l'âge du Bronze (entre 800 et 1000 av. J.-C.). Deux phases ont été distinguées sur la base de l’évolution de la forme des céramiques. Durant la première, deux bâtiments étaient implantés à proximité du ruisseau La Pran. Quelques décennies plus tard, l’habitat est déplacé une centaine de mètres plus à l’est et compte alors au moins cinq bâtisses.

Il est exceptionnel d’avoir pu mettre en évidence le plan de maisons de cette période en milieu de plaine. En effet, ces bâtiments de très grande taille (plus de 100 m2) étaient construits en bois à partir d’un cadre de poutres posées à même le sol, témoignant d'une maîtrise technique certaine. Le milieu terrestre ne permettant pas la conservation du bois, contrairement à ce que l’on observe dans les milieux palafittiques de la même période, de telles découvertes sont rarissimes en dehors du bord des lacs. Dans le cas de Delémont, le plan des habitations se dessine grâce à l’amoncellement de matériel de l’époque, qui était systématiquement repoussé le long des parois. Lorsque le bois a pourri, ces déchets, composés pour l'essentiel de débris de récipients en céramique ou de matériel lithique, ont subsisté, révélant la forme du bâtiment disparu.

L’abondant matériel est présenté par type d’objets et constitue, grâce à sa  richesse, un référentiel important pour la période concernée. La publication prochaine du cimetière à incinération de la même période constituera le dernier volet de la série consacrée à ce site.


Cahier d'archéologie jurassienne n°34
Jean-Daniel Demarez et al.
La production de chaux en Ajoie de l’Epoque romaine au XIXe siècle. Recherches d’archéologie et d’histoire.

Entre 2001 et 2007, treize fours à chaux ont été fouillés en Ajoie sur le tracé de l’autoroute A16, sur sept gisements différents. Remontant de l’Epoque romaine jusqu'au XVIIIe siècle, ce sont tous des fours à usage intermittent, mais dont l'architecture diffère.

Les fours romains sont enterrés, aménagés dans une pente, et sont alimentés en bois depuis le bas. Les fours du Moyen Age et de l'Epoque moderne sont semi-enterrés et alimentés depuis le niveau de circulation. Plus efficaces que les fours romains, ces derniers étaient cependant très gourmands en combustible.

Les recherches ont mis en évidence de nombreuses réfections, parfois importantes, témoignant d’un usage prolongé de ces structures. Les analyses chimiques montrent que l’on y a produit différentes sortes de chaux, destinées à des utilisations spécifiques. La topographie a joué un grand rôle dans le choix du terrain sur lesquels les fours ont été implantés, de même que la disponibilité des matières, à savoir le bois et le calcaire. La proximité des voies a également été déterminante.

Les recherches archivistiques ont montré une évolution du métier de chaufournier. Au Moyen Age, la chaux est fabriquée par des particuliers sur autorisation des princes-évêques de Bâle et contre redevance. Le XVIIIe siècle se caractérise par la généralisation d’une pratique déjà attestée auparavant : la calcination du calcaire dans les fours de tuiliers. Enfin, vers 1790, on constate l’arrivée de chaufourniers itinérants, originaires du Jura français.

Ces deux ouvrages sont en vente ou peuvent être commandés auprès du Secrétariat de la Société Jurassienne d'Emulation (rue du Gravier 8, 2900 Porrentruy – 032 466 92 57 - info@sje.ch - www.sje.ch)
 

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