République et canton du Jura

Une étude sur l'économie de la culture dans le canton du Jura

Date : 26.05.2014 07:04:00

Pour la première fois, une étude met en évidence l’importance économique des activités culturelles dans le canton du Jura. Chaque franc de subvention accordé par le canton à des acteurs culturels génère entre 3 et 5 francs de dépenses réinvesties à 90% dans l’économie régionale. L’étude souligne aussi que le Jura doit sa vive activité culturelle en bonne partie à des organismes « amateurs », constitués majoritairement de bénévoles. Elle témoigne d’une activité culturelle florissante mais précaire: sans bénévolat ni subventions publiques, la très grande majorité des acteurs disparaîtrait, avec des répercussions économiques, sociales et touristiques considérables pour le canton.


L’étude a été réalisée par la Haute école de gestion Arc, à Neuchâtel, sur mandat de l’Office jurassien de la culture et du Service de la coopération. Lancée à fin 2012 par une réunion à laquelle ont été conviés les acteurs culturels jurassiens, conduite ensuite par enquêtes, entretiens et autres sondages, cette analyse, menée par Mathias Rota, assistant de recherche, avec l'appui de Jérôme Heim, collaborateur scientifique, et sous la direction du professeur Nicolas Babey, vient d’être conclue et déposée sous la forme d’un rapport d’une soixantaine de pages.

À l’heure où l’attractivité est l’objet d’une concurrence entre les cantons, celle du Jura apparaît à l’étiage dans la plupart des recherches économiques. Selon le 6e programme économique (2013-2022) du Gouvernement jurassien, le Canton a toutefois récemment gagné en attractivité grâce au développement de ses infrastructures (A16, TGV, technopôle…), à la préservation de son environnement naturel et à la densité de son environnement culturel. Cette reconsidération du secteur culturel dans les stratégies économiques des territoires fait précisément l’objet de l’étude de la HEG Arc, qui a fait le choix d'intégrer les dimensions sociales et spatiales de la culture tout en considérant celle-ci, compte tenu des réalités jurassiennes, selon sa définition « classique » (arts scéniques, littérature, patrimoine et beaux-arts) et non pas selon la définition de l’économie communément dite « créative» (laquelle inclut publicité, mode, design, etc.).

La première partie de l'étude expose les impacts de la culture, notamment les effets économiques bénéfiques, l’accroissement de la notoriété des territoires, l’attractivité touristique accrue, la production de lien social. Cette revue de littérature spécialisée conduit à penser la culture autrement que par le prisme réducteur qu’on lui assigne souvent, celui des dépenses publiques.

La seconde partie expose les enseignements obtenus de l’analyse d’une cinquantaine de comptabilités et d’autant de questionnaires reçus de la part d’acteurs culturels du canton. Il en ressort que si le canton du Jura connaît une vive activité culturelle, il le doit en bonne partie à des organismes «amateurs», constitués majoritairement de bénévoles. Le bénévolat, malgré certaines limites, est l’une des conditions de l’existence de la culture. Il permet d’alléger les coûts inhérents à l’activité culturelle et d’abaisser les frais de personnel, qui représentent presque la moitié de la totalité des charges des comptabilités reçues, soit environ 3 millions de francs suisses.

L’analyse des charges démontre que les dépenses cumulées des participants à l’enquête s’élèvent dans le canton, entre 2010 et 2012, à environ 6 millions de francs par année. Ces dépenses se répartissent à raison de 2.8 millions de francs de charges salariales, 2.5 millions d’achats et 0.7 million pour les locaux. En moyenne, 90% des achats et des dépenses pour les locaux se font sur le territoire cantonal. Il peut être affirmé ainsi que les dépenses réinvesties directement dans l’économie cantonale par les acteurs culturels sont nettement supérieures (entre 3 et 5 fois) à l’investissement cantonal qui figure dans leurs comptes. De plus, pour mesurer l’impact total, il faudrait ajouter encore les dépenses dans la restauration, le commerce de détail, l’hôtellerie, les transports publics, etc. Le domaine de la culture est donc économiquement important dans le canton, d’autant qu’une partie des dépenses consenties en l’occurrence retourne dans les caisses publiques.

Autre enseignement: pour 1 franc de subvention cantonale, les acteurs culturels de l'étude obtiennent 3.61 francs par d’autres biais (5.36 francs et 10.30 francs si les organismes voués à la conservation du patrimoine et ceux en charge d’une « mission » des pouvoirs publics ne sont pas pris en compte). Si toutes les formes d’aides publiques sont regroupées (subventions cantonales, dons de la Loterie Romande), il apparaît que pour 1 franc de soutien public ou parapublic, 1 franc a été obtenu dans le privé, voire 1.73 franc et 2.18 francs en suivant les critères précités. Les acteurs culturels  financent donc en bonne partie leurs activités, à l’aide notamment des recettes qu’ils obtiennent des spectateurs, mais considèrent, pour plus de 90%, les subventions comme indispensables à la poursuite de leur activité (ces subventions pallient les défaillances du marché; elles constituent aussi l’impulsion qui permet l’existence des projets culturels).

Outre ces considérations économiques, l’étude cerne le temps passé par les acteurs du domaine pour que vive la culture dans le canton. Il apparaît que près de 17’000 heures de travail sont offertes chaque mois par les bénévoles des organismes culturels qui ont répondu au questionnaire, soit quelque 204’000 heures par année. S’ajoutent à cela les 900’000 heures de productions qui ont été «consommées » par le public. Ce sont donc autant d’heures durant lesquelles du lien social se crée. De plus, au travers des événements organisés, le canton gagne en attractivité et visibilité ; les activités culturelles étoffent et complètent l’offre touristique et de loisirs. Enfin, la culture participe à l’image du canton. À cet égard, il apparaît que le quart des spectateurs provient de l’extérieur du territoire cantonal et que plus de 70% des acteurs culturels approchés ont eu, durant la période 2010-2012, des collaborations avec d’autres organismes du secteur à l’extérieur du canton.

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