République et canton du Jura

Démarrage d’un ambitieux projet de revitalisation de la tourbière de la Gruère

Date : 29.08.2016 09:38:00

Le site de la Gruère, ensemble de très grande valeur biologique et paysagère, fait actuellement l’objet de travaux de revitalisation importants. Ils visent à assurer la conservation et la régénération de la tourbière, classée d’importance nationale et située en réserve naturelle. Comportant encore quelques secteurs intacts,  la tourbière est globalement perturbée par l’effet des drainages réalisés par le passé. Afin de remédier à cette situation, l’Etat avait engagé en 2014 une première étape « test » de travaux dans la partie est de la tourbière tandis que le secteur ouest était encore à l’étude. Les très bons résultats obtenus lors de cette phase expérimentale et l’aboutissement de l’étude permettent ainsi à l’Etat de démarrer un ambitieux projet de revitalisation de l’ensemble du massif tourbeux. Financées par la Confédération et le Canton, les mesures prises favoriseront la faune et la flore particulières de ce milieu naturel.
 


La tourbière de la Gruère, située à l’est de l’étang, est marquée par un drainage important et ce au moins depuis le 17e siècle. En effet, la tourbière constituant un important réservoir d’eau, les acteurs de l’époque y ont vu une formidable ressource énergétique pour l’entraînement des roues du moulin et de la scierie de la Gruère. Le creusage de drains, au cœur-même de la tourbière, permettait d’alimenter l’étang et les roues, même par temps sec. L’assèchement progressif du milieu a eu pour conséquence une nette augmentation du taux de boisement et une érosion de la très précieuse mosaïque d’espèces floristiques caractéristiques. Les couches superficielles de tourbe, au contact de l’air, se sont également minéralisées, devenant ainsi une source d’émission de carbone.

Afin de répondre aux objectifs de conservation de ce patrimoine unique, l’Office de l’environnement a élaboré, avec l’aide d’un bureau spécialisé, un ambitieux projet de revitalisation. Deux phases sont prévues. Une première étape consiste à construire des digues en bois dans la partie amont des drains, à l’est de la tourbière, afin de contenir et redistribuer l’eau dans le système. Les deux premières digues construites en 2014 ont permis de s’assurer que les effets étaient très positifs. Fort de ce succès, l’Etat entreprend d’achever cette première étape cette année en construisant sept ouvrages du même type.

La seconde étape consiste à combler la partie aval des drains, en direction de l’étang, là où ils sont les plus larges et les plus profonds. Des matériaux organiques tels que tourbe et sciure seront utilisés à cette fin. Pour des raisons tant techniques que financières, cette seconde étape devra être réalisée sur plusieurs années. Pour les années 2016-2017, les travaux concerneront le drain central et seront financés par une enveloppe fédérale affectée aux compensations forestières liées à la construction de l’A16. Les mesures portant sur les autres drains seront mises en œuvre ultérieurement, sur la base d’un financement qui reste encore à obtenir.

Ces interventions ne peuvent être entreprises sans des coupes forestières préalables. Ainsi, cette année, pas moins de 400m3 de bois ont été abattus et le débardage sera réalisé à l’aide d’un hélicoptère dans les jours qui viennent, ceci afin de préserver le sol tourbeux.

Il est à mentionner que ces travaux suivent une première démarche de conservation du site menée il y a quelques années. Elle avait consisté en l’installation de clôtures en périphérie de la tourbière afin d'éviter son piétinement par le bétail et la mise en place de zones-tampon, secteur à exploitation agricole modérée, autour de la tourbière.

Rappelons qu’en 1987, le peuple suisse acceptait l’initiative dite «de Rothenthurm». La protection des marais et des sites marécageux d’une beauté particulière et présentant un intérêt national était ainsi garantie. Dans le Canton du Jura, 20 objets d’importance nationale ont été inventoriés. Parmi ceux-ci figurent les sites bien connus que sont «la Gruère», «Les Royes», «Plain de Saigne» et «La Chaux-des-Breuleux». Suite à l’élaboration de cet inventaire fédéral, l’Etat jurassien avait pour tâche de procéder à la mise au point d’un plan de gestion de chacun des sites, ce qui est chose faite depuis plusieurs années. Sur la base de ces plans de gestion, des mesures de restauration ont été mises en œuvre dans plusieurs sites depuis 1995. L’objectif est d’assurer la protection, la conservation à long terme et, cas échéant, la revitalisation des sites retenus. Les travaux actuellement menés s’inscrivent pleinement dans cette perspective.

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