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Chlorothalonil dans les eaux souterraines du canton du Jura

Date : 10.09.2020 10:00:00

En raison de la nouvelle classification du chlorothalonil et de ses métabolites au niveau fédéral, le canton du Jura et les distributeurs d’eau ont effectué des analyses d'eau ciblées sur l’ensemble des captages publics du territoire cantonal. Le canton du Jura est moins impacté que certaines autres régions de Suisse, mais quelques ressources présentent des concentrations dépassant les seuils fixés. Des mesures ont déjà été prises par les distributeurs pour réduire les concentrations dans l’eau distribuée à la population.


Le chlorothalonil est une substance active admise depuis les années 70 dans les produits phytosanitaires en tant que fongicide et utilisé dans l’agriculture. De nouvelles découvertes scientifiques ont conduit l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à classer, en avril 2019, le chlorothalonil comme « potentiellement cancérigène ». C’est pourquoi l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a interdit son utilisation dans toute la Suisse à compter du 1er janvier 2020. L’utilisation de produits phytosanitaires peut conduire à la formation de produits de dégradation, appelés métabolites, qui peuvent contaminer les eaux souterraines et arriver dans l’eau potable. A partir de janvier 2020, les produits de dégradation majoritaire du chlorothalonil ont été inscrits par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV) dans la liste des métabolites dits « pertinents » et donc légalement soumis à une limite de concentration maximale de précaution de 0,1 μg/l.

Dans le courant du mois de juin, les captages d’eau utilisés pour l’approvisionnement public dans le canton du Jura ont tous fait l’objet d’un prélèvement et d’une analyse de différents micropolluants. Cette campagne a été menée conjointement par les services communaux, le Service de la consommation et des affaires vétérinaires et l’Office de l’environnement. Elle sera renouvelée cet automne.

Associée à d’autres analyses réalisées par les distributeurs durant le premier semestre 2020, la campagne du mois de juin permet de tirer un premier bilan sur la problématique des métabolites du chlorothalonil dans le canton du Jura.

Dans les échantillons du mois de juin, 11 analyses sur 88 ont révélé la présence d’au moins un métabolite pertinent du chlorothalonil. Trois échantillons présentaient une concentration supérieure à la valeur limite de 0.1 microgramme par litre. Des dépassements de cette valeur ont également été observés sur deux autres captages lors de diverses campagnes d’analyses réalisées par les services communaux.

L’ensemble des données disponibles permet aujourd’hui de considérer que l’eau d’environ 13% des captages jurassiens contient au moins un métabolite du chlorothalonil, mais qu’a priori seuls cinq captages présentent, périodiquement ou systématiquement, des dépassements de la valeur de 0.1 microgramme par litre.

Différentes actions marquantes sont menées par le canton face à la problématique des résidus de pesticides dans les eaux. Le Programme Produits Phytosanitaires JU, publié en novembre 2019, a notamment pour objectif de réduire la présence de ces substances indésirables dans les nappes phréatiques, en particulier celles qui sont captées.

Concernant les métabolites du chlorothalonil, différents éléments rassurants doivent être rappelés :

  1. La toxicité des métabolites du chlorothalonil n’est pas avérée dans la gamme de concentrations mesurée dans les eaux jurassiennes. Des dépassements modérés peuvent être considérés comme une altération de la qualité de l’eau potable et, conformément à la directive 2019/1 de l’OSAV, « les consommateurs peuvent continuer de boire de l’eau potable dans laquelle on a détecté des métabolites du chlorothalonil ».
  2. L’interdiction d’usage du chlorothalonil, effective depuis le 1er janvier 2020, permettra une diminution progressive des concentrations dans les eaux.
  3. Les distributeurs d’eau concernés ont, dès la réception des résultats d’analyses, mis en œuvre des mesures de gestion des ressources permettant une dilution de l’eau des captages problématiques. Ainsi, l’eau distribuée ne dépasse, sauf cas particulier, pas la valeur de 0.1 microgramme par litre au robinet.

Les services cantonaux sont confiants sur le fait que le problème du chlorothalonil pourra être résolu dans le canton du Jura sans passer par la construction de nouvelles installations de traitement de l’eau, lesquelles sont coûteuses et énergivores. Ils estiment qu’au vu des résultats de l’ensemble des analyses d’eau, consommer l’eau du robinet reste parfaitement logique et écologiquement bien plus favorable que l’achat d’eau en bouteilles.

Une communication plus ciblée sera réalisée au plus tard le 30 septembre par les distributeurs qui ne parviendraient pas à assurer en tout temps des concentrations en métabolites du chlorothalonil en deçà de la valeur limite de 0.1 microgramme par litre.

Suite à la deuxième grande campagne d’analyses de micropolluants prévue en automne, un rapport sur la qualité générale des eaux souterraines jurassiennes sera publié. Avec les rapports traitant des eaux de surface, le canton disposera ainsi des bases permettant de poursuivre et d’affiner les stratégies de réduction des substances indésirables.

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