L’auditeur, mandaté par le Gouvernement pour étudier le fonctionnement du Département de la formation de la culture et des sports (DFCS) ainsi que le climat de travail qui y règne, a rendu ses conclusions. Il relève des problèmes importants ainsi qu’un management jugé inadéquat de la part du chef de Département quand bien même il ne fait pas état de pratiques ou de comportements punissables juridiquement. Sur la base des recommandations de l’auditeur, le Gouvernement a donc décidé de prendre plusieurs mesures, dont la principale est le rattachement provisoire du Service de la formation postobligatoire (SFP) au Département de l’intérieur. Il va également mettre en place un plan d’action à moyen terme pour améliorer la situation.
Le Gouvernement a mandaté un audit externe en mai dernier à la suite des révélations médiatiques mettant en cause le management du ministre Martial Courtet ainsi que le fonctionnement du Département de la formation, de la culture et des sports. Martial Courtet avait lui-même souhaité qu’une étude indépendante soit menée.
L’audit a été confié à M. Daniel Held de PI Management, entreprise spécialisée en la matière basée à Lausanne. Il s’est entretenu avec plus de 65 personnes, notamment tous ceux qui travaillent ou ont travaillé directement avec le ministre en charge du DFCS. Parmi elles, 26 personnes, cadres, collaboratrices et collaborateurs, ont spontanément demandé à être auditionnées.
Un fonctionnement et un climat de travail problématiques
Le recoupement des divers témoignages recueillis permet à l’auditeur de conclure à un climat de peur et de méfiance au sein du Département. Ce dernier constate des problèmes importants présents depuis de nombreuses années, mais dont les personnes concernées, pourtant en souffrance, n’ont pas osé faire état. Il estime par ailleurs que, malgré un talent certain pour la gestion de projet ou les relations publiques, le ministre de tutelle pratique un management problématique et peu stimulant. La situation semble particulièrement délicate au sein du SFP dont la complexité nécessite une gestion en partenariat entre le ministre, la direction du service et ses cadres. Ce partenariat est jugé insuffisant actuellement. Enfin, l’auditeur observe une certaine lassitude et de la résignation chez les personnes interrogées. Il conclut donc qu’une amélioration notable semble difficile à imaginer à court terme et que celle-ci nécessiterait un changement fondamental de la posture du ministre en charge.
L’auditeur fait aussi diverses suggestions pour améliorer de manière générale le fonctionnement et le management de l’administration cantonale et davantage protéger les collaboratrices et collaborateurs.
Décisions du Gouvernement
Le Gouvernement a pris connaissance mardi 19 août du résultat de l’audit en présence de son auteur. Au terme d’une discussion nourrie, et au vu des conclusions établies et corroborées par de nombreuses auditions, il a décidé de transférer la responsabilité du Service de la formation postobligatoire au Département de l’intérieur jusqu’à nouvel avis. Martial Courtet s’est engagé de son côté à mettre en œuvre un plan d’action personnel incluant notamment une formation en matière de management et un accompagnement individuel. Le Gouvernement prend très au sérieux les résultats de cet audit mené en toute transparence et indépendance. A cet égard, il a aussi décidé de donner suite aux autres recommandations de l’auditeur, visant à améliorer durablement le climat de travail.
Avec les mesures prises, le Gouvernement espère contribuer à rétablir la confiance et la sérénité.



