Dans le cadre des négociations liées à la gestion du laboratoire souterrain du Mont Terri, le Gouvernement jurassien maintient sa ligne et réaffirme que la neutralité et l’indépendance sont des conditions sine qua non à l’octroi de l’autorisation d’exploiter. La proposition de reprise de la gestion opérationnelle par la Nagra soumise par swisstopo ne peut donc être acceptée en l’état par le Gouvernement, qui souhaite étudier d’autres pistes.
Suite à l’annonce, en mai 2025, de la volonté de swisstopo de se retirer de la gestion du laboratoire souterrain du Mont Terri (LMT) pour fin 2026, de nombreux échanges ont eu lieu entre le Gouvernement jurassien et l’Office fédéral afin de trouver une solution pérenne.
Pour rappel, la portée du LMT dépasse largement les frontières cantonales et nationales, puisque ce ne sont pas moins de 22 organisations partenaires, réparties dans dix pays, qui y mènent des expériences aussi bien dans le domaine du stockage de déchets nucléaires que de CO2 après captation. Depuis 1996, les partenaires y ont investi près de 120 millions de francs.
La crédibilité et la renommée du LMT, ainsi que son acceptation par la population reposent largement sur les conditions imposées par le Canton à l’octroi de l’autorisation d’exploiter: à savoir l’indépendance et la neutralité de la gestion. Des prérequis qui ne peuvent être garantis que par une entité neutre.
Ne pas laisser la main au seul secteur nucléaire
Le modèle de gestion qui lui a été proposé le 30 janvier dernier par swisstopo ne convainc pas le Gouvernement jurassien. Il soulève un certain nombre d’interrogations quant à la légitimité du processus et surtout quant à la pérennité des activités qui sont menées au sein du laboratoire.
En effet, la solution qui se dessine verrait la gestion opérationnelle confiée à la Nagra (Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs) et impliquerait la suppression de la commission de suivi, composée notamment d’experts indépendants. Une option qui n’est en aucun cas admissible pour le Gouvernement jurassien, la commission de suivi étant la garante de la probité des travaux menés sur le site, notamment en termes de sécurité du programme scientifique. Le modèle actuel donne entière satisfaction au Canton et aux partenaires tant sur le plan de l’efficience que de la qualité du suivi.
Par ailleurs, il est difficilement concevable que des autorités de contrôle suisses et étrangères réalisent leurs recherches sous la conduite d’une entité de l’industrie nucléaire suisse. De plus, la gestion d'un projet de recherche largement diversifié - incluant des projets scientifiques de pointe dans le domaine du stockage du CO2, du stockage souterrain de chaleur ou de combustibles – ne saurait justifier la mise d’une direction opérationnelle issue du monde nucléaire comme gestionnaire du laboratoire.
Poursuivre les négociations
Le Gouvernement jurassien souhaite que d’autres options, notamment en partenariat avec un autre office de la Confédération plus proche des tests réalisés dans le Laboratoire ou encore les Ecoles polytechniques, soient étudiées plus en profondeur. Il s’engage à prendre les contacts nécessaires afin de construire des ponts et élaborer d’autres pistes en vue de pérenniser les travaux du LMT.
A ce stade, le Gouvernement jurassien ne peut, par conséquent, donner son aval à la solution qui lui est soumise et entend poursuivre les négociations.



