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Parution d’un ouvrage sur l’histoire de la terre cuite en Ajoie

Date : 10.02.2017 10:00:00

La Section d'archéologie et paléontologie de l'Office de la culture et la Société jurassienne d'Emulation annoncent la parution du Cahier d’archéologie jurassienne n°37, consacré à l’archéologie et à l’histoire de la terre cuite en Ajoie entre 1750 et 1900.

 

En 2003, à Cornol, un éboulement inopiné devant l’actuel restaurant du Lion d’Or met au jour le dépotoir de la faïencerie que le bâtiment abrita dès 1760. Par un heureux hasard, Ursule Babey, archéologue de la région, découvre ce gisement totalement inédit et se met en tête de le fouiller et de le comprendre. Cela deviendra sa thèse de doctorat, une recherche qu’elle a étendue à tous les domaines de la production de céramique en Ajoie entre le milieu du XVIIIe et le début du XXe siècle : poterie, tuilerie, poêlerie et, bien sûr faïencerie.

Avec la pierre, le sable, le minerai de fer et le bois, l’argile est une ressource commune aux régions jurassiennes. En cherchant à tirer parti de ces « richesses », on a produit tour à tour de la chaux, du verre, du fer et différents types de céramiques. C’est là qu’intervient l’enjeu énergétique, car toutes ces productions nécessitent la combustion de grandes quantités de bois pour transformer la matière première en matériaux utilisables. Sous l’Ancien Régime, l’accès au bois est détenu principalement par le prince-évêque. Or, pour des raisons économiques, ce dernier a décidé, dès le XVIe siècle, de favoriser l’industrie du fer, afin de remplir les caisses de l’Etat. En étudiant de près les conditions de production de la poterie et même de la faïence, on s’aperçoit que, malgré des ressources minérales de très grande valeur tant à Cornol (marnes très fines propres à la faïence) qu’à Bonfol (argiles naturellement réfractaires, un cas unique sur le territoire de l’actuelle Confédération), ce secteur artisanal n’a jamais été soutenu par les autorités. Cet artisanat, bien que servi par de nombreux professionnels et doté de ressources de qualité et en suffisance, n’est jamais devenu un secteur économique important, ses artisans vivotant plutôt de leur labeur associé le plus souvent à une autre profession. Malgré l’excellence de sa production, la faïencerie de Cornol, pôle technologique pour l’époque et seule fabrique de faïence sur le territoire de l’ancien Evêché, doit se satisfaire tout au long de son existence d’une précarité vécue dans d’incessants changements de statuts, de propriétaires et de maîtres de fabrication.

Après plusieurs tentatives de diversification, elle cesse peu à peu son activité faïencière au cours du début du XIXe siècle, victime collatérale des grands bouleversements économiques à l’échelle du continent. On le voit, le pot de fer gagne toujours contre le pot de terre, et les métiers de l’argile restent marginalisés face à la sidérurgie durant toute leur durée d’existence. Cette recherche leur rend justice et les place au centre de l’attention.

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