Photo: @_maricha._
Situation
À la suite de la détection du virus de la grippe aviaire sur le territoire suisse en novembre 2025 et au vu de la forte circulation du virus en Europe, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a décidé de renforcer la prévention en collaboration avec les cantons.
Par conséquent, le vétérinaire cantonal ordonne des mesures de lutte préventive à l’ensemble du canton du Jura. L’objectif est d’empêcher la propagation de la maladie et de protéger les élevages de volailles.
Mesures préventives
Les mesures suivantes sont applicables aux volailles domestiques (gallinacés, oiseaux nageurs et coureurs) dès le mardi 25 novembre 2025 pour les détenteurs comptant plus de 50 volailles :
Laisser sortir les volailles uniquement dans des zones protégées de l’accès des oiseaux sauvages (jardin d’hiver). Lorsque cela n’est pas possible, les lieux d’alimentation et d’abreuvement doivent être aménagés de manière à ne pas être inaccessibles aux oiseaux sauvages (p. ex. au moyen de filets ou de toitures).
Éviter les contacts entre espèces : les poules, les canards, les oies et les oiseaux coureurs doivent être détenus séparément.
Mettre en place des mesures strictes de biosécurité : limitation de l’accès aux poulaillers, port de chaussures et de vêtements réservés à l’élevage, lavage et désinfection des mains avant d’entrer, sas d’hygiène si possible.
Réduire au minimum les visites et déplacements inutiles dans les élevages.
Le vétérinaire cantonal recommande également aux unités de détention de moins de 50 volailles de respecter ces mesures.
Autres restrictions
Les marchés, expositions et autres rassemblements de volailles seront soumis à des restrictions pendant la durée d’application de l’ordonnance. Ces dispositions s’appliquent à toutes les détentions de volailles en Suisse, indépendamment du nombre d’animaux. Les contributions destinées aux systèmes de détention particulièrement respectueux des animaux et aux sorties régulières en plein air restent accordées, pour autant que toutes les prescriptions en vigueur soient respectées. La dénomination « élevage en plein air » pourra continuer à être utilisée.
Vigilance accrue
La vigilance est un point primordial pour le contrôle de l’évolution de la situation et le Service de la consommation et des affaires vétérinaires du Canton du Jura (SCAV) informe que :
- Les personnes qui trouvent des cadavres d’oiseaux sauvages sont invitées à ne pas les toucher et à informer le SCAV.
- L’obligation d’enregistrer les élevages de volailles auprès des autorités cantonales demeure en vigueur et s’applique à tous les détenteurs, y compris aux élevages à titre d’activité de loisir.
- Les détenteurs de volailles jouent un rôle central dans la détection précoce de la maladie. Ils doivent observer attentivement leurs animaux et, en présence de signes suspects, contacter immédiatement une vétérinaire ou un vétérinaire. Des troubles respiratoires, des enflures au niveau de la tête, une nette baisse de la ponte, des œufs sans coquille ou à coquille très fine, une apathie marquée ou une augmentation de la mortalité peuvent être des indices d’infection. Chez les oiseaux aquatiques, les symptômes peuvent être discrets voire absents, ce qui rend la vigilance d’autant plus importante.
- La grippe aviaire est une épizootie hautement contagieuse soumise à déclaration obligatoire. En cas de suspicion fondée ou de confirmation, des mesures de lutte strictes sont prises par les autorités compétentes, conformément à l’ordonnance sur les épizooties, afin d’empêcher la propagation de la maladie.
Question fréquentes
La grippe aviaire est causée par le virus influenza A des sous-types H5 ou H7. On distingue la grippe aviaire hautement pathogène de sa version faiblement pathogène. Un virus influenza aviaire faiblement pathogène (low pathogenic avian influenza, LPAI) peut se transformer en virus hautement pathogène (highly pathogenic avian influenza, HPAI) par mutation. Les HPAI sont vecteurs de maladies pour l’animal et pour l’Homme, causant ainsi une zoonose. Le porc peut aussi être contaminé par le virus influenza aviaire.
Toutes les espèces d’oiseaux sont touchées, notamment les poules et les dindes. Les infections HPAI produisent en général des signes manifestes de maladie chez la volaille de rente. Les oiseaux aquatiques, comme les canards et les oies, sont moins sujets à la maladie et s’ils la développent, celle-ci est d’intensité moindre. Ils peuvent cependant propager l’agent infectieux. Les infections LPAI sont quant à elles associées à des symptômes bénins et peu spécifiques.
La grippe aviaire chez la volaille est associée à des difficultés respiratoires. On observe une diminution des performances de ponte des poules et une mortalité élevée. Les coquilles d’œuf deviennent minces ou manquent complètement. On peut observer des enflures au niveau de la tête. Les animaux se montrent léthargiques. Chez les oiseaux aquatiques, on n’observe le plus souvent aucun symptôme.
Examen d’exclusion
En cas de problèmes dans un élevage présentant une symptomatologie analogue à celle de la grippe aviaire, mais en l’absence d’éléments probants, des vétérinaires ou le service de pathologie peuvent, comme mesure de prévention, procéder à un prélèvement d’échantillons afin d’exclure une infection par la grippe aviaire, et ce en concertation avec le NRGK (Centre national de référence pour les maladies de la volaille et des lapins). Dans ce cas, aucune des mesures de police des épizooties prévues par l’art. 84 de l’ordonnance sur les épizooties ne s’impose.
Contamination et propagation
La contamination par le virus influenza A se produit au travers des voies respiratoires en inhalant des gouttelettes contaminées provenant de mucus éternué ou de sécrétions provenant de la gorge ou des yeux. L’inhalation de poussières contaminées par l’agent infectieux, qui ont été en contact avec des fèces contenant le virus, peut également causer une contamination. Les jeunes animaux sont les plus sensibles à la grippe aviaire.
La grippe aviaire est répandue dans le monde entier. Elle survient à intervalles périodiques en Europe. Les infections LPAI évoluant généralement de façon asymptomatique et pouvant muter en HPAI, on procède depuis 2006 a un suivi actif des infections LPAI en Suisse. Pour les résultats, voir le Rapport concernant la surveillance des épizooties et des zoonoses sous « Informations complémentaires ».
Dans les élevages de volaille, les mesures d’hygiène doivent être strictement observées (p. ex. sas d’hygiène).
Pour prévenir l'introduction de l'épizootie, les réglementations en vigueur concernant le commerce avec les pays voisins et l'UE en général doivent être continuellement ajustées en fonction de la situation épidémiologique. Les mesures de protection dans les échanges avec l'UE sont publiées sur le site internet de l'OSAV.
La grippe aviaire est une épizootie hautement contagieuse, soumise à déclaration obligatoire. En présence d’une suspicion d’infection HPAI et de cas avérés, des mesures de lutte strictes doivent être prises. Elles consistent à abattre toutes les volailles des effectifs contaminés et à mettre en place des zones de protection et de surveillance. Des informations importantes à l’attention des détenteurs d’animaux en cas de risque épizootique accru ou d’épizootie sont regroupées sous « Informations complémentaires > En cas d’épizootie »).
L’enregistrement des élevages de volaille est obligatoire depuis le 1er janvier 2010. Cette obligation concerne également les élevages à titre d’activité de loisir.
La transmission du virus de la grippe aviaire à l’être humain est extrêmement rare et a été observée jusqu’ici uniquement dans des cas isolés à la suite de contacts étroits, non protégés avec des volailles infectées. Les produits de volaille, comme la viande de poulet et les œufs, peuvent être consommés sans crainte.
Les personnes vivant au contact étroit de volaille malade, comme c’est par exemple le cas dans de nombreuses régions d’Asie ou en Afrique du Nord, peuvent également être touchées par le virus de la grippe aviaire. Les premiers symptômes apparaissent le plus souvent entre deux et 14 jours après la contamination et se manifestent par des troubles sévères semblables à ceux de la grippe. Le site Internet de l’OFSP fournit de plus amples informations à ce sujet.



