Le porche elliptique de la Bâme de Courtemaîche est de 5 m sur 1,8 m. Il est orienté sud-est et s'ouvre sur une profondeur habitable d'environ 11 m pour une largeur moyenne de 5 m. Le porche elliptique de la Bâme de Courtemaîche est de 5 m sur 1,8 m. Il est orienté sud-est et s'ouvre sur une profondeur habitable d'environ 11 m pour une largeur moyenne de 5 m.

C'est sur le flanc occidental de la vallée de l'Allaine que se situe la Bâme de Courtemaîche, à la sortie du village en bordure de la route cantonale menant à Buix. Son porche elliptique de 5 m sur 1,8 m est orienté sud-est et s'ouvre sur une profondeur habitable d'environ 11 m pour une largeur moyenne de 5 m. Le développement total atteint 23 m de long, une galerie étroite et basse se prolongeant en direction du nord.

Durant l'hiver 1923-1924, A. Perronne entreprend la fouille de cet abri avec l'aide ponctuelle d'amis, dont F.-E. Koby. Il apparaît que l'entrée de la grotte est, à ce moment déjà, vide de sédiments. Malheureusement, en l'absence de tout plan et de toute mention stratigraphique concernant la découverte du mobilier archéologique, seule une étude typologique reste possible. Ces investigations s'avèrent toutefois relativement pauvres en trouvailles.

En 1953, des élèves de l'Ecole normale de Porrentruy effectuent une tranchée transversale près de l'entrée de la grotte. Les résultats de ces fouilles ont été décevants.

La Bâme de Courtemaîche recelait de nombreux ossements d'animaux de la dernière phase glaciaire: en haut, molaire et fragments d'os long de rhinocéros laineux en partie broyés par l'hyène des cavernes; en bas, dents de lynx, d'ours des cavernes et de cheval. La Bâme de Courtemaîche recelait de nombreux ossements d'animaux de la dernière phase glaciaire:
en haut, molaire et fragments d'os long de rhinocéros laineux en partie broyés par l'hyène des cavernes;
en bas, dents de lynx, d'ours des cavernes et de cheval.

C'est à P. Bigler que l'on doit de connaître un peu plus précisément la Bâme. Dès 1975, et grâce à un tamisage fin des sédiments, il recueille un ensemble intéressant de vestiges surtout paléontologiques, quelques pièces archéologiques complétant le mobilier mis au jour par A. Perronne.

La typologie des objets permet de distinguer deux phases principales d'occupation: le Néolithique final tout d'abord (ou Bronze ancien ?), représenté par une pointe de flèche à pédoncule en silex, quelques pièces d'outillage lithique (certaines provenant peut-être du Paléolithique) et une gaine de hache en bois de cerf; et ensuite le début de l'Age du Fer (750 à 650 av. J.-C.), auquel appartiennent vraisemblablement les tessons exhumés, bien que certains éléments du Bronze final soient également plausibles. L'utilisation domestique ou funéraire de cette céramique est impossible à préciser. Trois fragments d'une tige de bronze torsadée constituent les seuls éléments métalliques de cet ensemble.

La Bâme a surtout livré un matériel paléontologique riche en espèces. Sa principale caractéristique réside dans la faune du Pléistocène, où la hyène des cavernes est très largement représentée (ce charognard a, semble-t-il, habité la grotte). Le rhinocéros laineux, la marmotte, le lemming à collier et le campagnol nordique sont autant d'espèces attestant du climat froid du Quaternaire. La faune holocène, post-glaciaire, est quant à elle représentée par des mammifères ayant occupé l'abri (renard, blaireau, chauve-souris) et par les restes alimentaires laissés sur place par l'homme (boeuf domestique, cochon, sanglier, mouton ou chèvre), qui se distinguent par leur plus forte fragmentation.

La dernière occupation connue de la grotte est celle du vagabond "Kimmeschäfer", surnommé "Kim", qui y élut domicile en 1933. Vannier d'occasion, ce troglodyte avait aménagé quelque peu l'intérieur de la caverne et fermé son entrée avec des branchages et des sacs.

Fiche technique

Commune

Courtemaîche

Site

La Bâme de Courtemaîche

Datation, Type de site
principal  

secondaire

Du paléolithique au néolithique, grotte

Année de découverte

 

Date de fouille

1923-1924, 1953, 1974-1984

Surface de fouille

 

État de la fouille

 

Étude

 

Responsable(s)

A. Perronne ADIJ et Ecole normale de Porrentruy
E. Guéniat, P. Bigler

Dépôt de collections

 

Publications

MOREL, P. et SCHIFFERDECKER, F. La Bâme de Courte-maîche. Etude archéologique et paléontologique, AS 10, 1987, 2, pp. 53-60.
KOBY, F.-E. et PERRONNE, A. Le Néolithique en Ajoie, ASJE 39, 1934, pp. 161-203.
SCHENARDI, M. Age du Bronze dans le Jura, ABJ, 1994, pp. 135-136.
GIGON, R. et WENGER, R. Inventaire spéléologique de la Suisse II. Canton du Jura, 1986, pp. 239-240.