Le Haut Moyen Age

L’époque mérovingienne: les débuts du christianisme

Reconstitution d'une tombe de guerrier franc au Musée jurassien d'art et d'histoire (Delémont). Reconstitution d'une tombe de guerrier franc au Musée jurassien d'art et d'histoire (Delémont).

On constate dès le 6e s. une occupation assez dense du sol, autant en Ajoie que dans la vallée de Delémont. Comme le montre l'habitat rural de Develier-Courtételle, la réduction du minerai de fer bat son plein dans la vallée de Delémont. La densité de l’occupation du sol a incité de nouveaux forgerons à s'implanter plus au sud, notamment dans les régions de Corcelles et de Court (BE), comme l'indiquent les bas fourneaux, les amas de scories et la toponymie (villages dont le nom comporte la syllabe –court– , de curtis, le domaine agricole).

Dès la 2de moitié du 6e s. et surtout au 7e s. de nombreuses nécropoles confirment cette présence humaine marquée. L'importance et la richesse du cimetière mérovingien de Bassecourt, découvert et fouillé au milieu des années 1870, suggère la présence d'une aristocratie franque dans cette agglomération principale du Sornegau, province qui s'étend jusqu'aux sources de la Birse, probablement sous domination des ducs d'Alsace, au sein de l'Austrasie.

Bague de la nécropole de Bassecourt au nom du moine Mario, 7e s. On peut y lire: VIVAT + MONAC MARIO, vivat monacus Mario (que vive le moine Mario). Musée jurassien d'art et d'histoire (Delémont). Bague de la nécropole de Bassecourt au nom du moine Mario, 7e s. On peut y lire: VIVAT + MONAC MARIO, vivat monacus Mario (que vive le moine Mario). Musée jurassien d'art et d'histoire (Delémont).

L'Alsegau, vaste territoire qui englobe l'Ajoie actuelle, reste rattaché au diocèse de Besançon et au royaume de Bourgogne. Le développement démographique du 7e s., la richesse en minerai de fer et la voie de liaison avec le Plateau suisse attirent les moines évangélisateurs, notamment les futurs saint Ursanne, qui s'établit dans le Clos du Doubs, et saint Germain, premier abbé de Moutier-Grandval.

Les villages au suffixe en –velier sont alors fondés, aux confins des zones déjà peuplées. Bien que les objets du 6e s. rattachables au christianisme soient rares, il est certain que les évangélisateurs arrivent dans une région qui a déjà eu des contacts avec la nouvelle religion, dont l’importance au 7e s. est indéniable.

François Schifferdecker, 11/2002